Zoom sur le Marais juif à Paris

Zoom sur le Marais juif à Paris

Nous avons plusieurs fois parlé de l’incroyable richesse culturelle du Marais et de ses monuments historiques. Certains encore visibles, comme l’Hôtel de Sully, d’autres aujourd’hui disparus, comme la prison du Temple, sont les témoins des derniers instants de la monarchie. Au-delà d’être un quartier privilégié par l’aristocratie, le Marais a continué d’attirer différentes communautés. On vous propose donc un zoom sur le Marais juif en attendant la prochaine visite guidée CulturMoov, qui vous permettra de découvrir rues, façades, jardins, synagogues, écoles juives ou ancien hammam, tous porteurs de l’âme, des rituels et des traditions du quartier.
 

Le Pletzl

L’histoire des juifs en France remonte au 1er siècle après J-C, ce qui en fait l’une des plus anciennes présences juives d’Europe Occidentale. Très tôt, ils prennent l’habitude de se regrouper par quartier, afin de conserver leurs traditions plus facilement. Dans le Marais, le Pletzl (ce qui signifie « petite place ») est le quartier juif le plus célèbre de la capitale, datant du XIIIème siècle. S’étendant de part et d’autre de la place Saint Paul, il ne reste aujourd’hui que quelques rues vestiges de son développement. Pourtant, le Pletzl connu une forte animation entre la fin du XIXème siècle jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, accueillant des dizaines de milliers de juifs ashkénazes d’Europe de l’Est fuyants pogroms et persécutions. Il reste un quartier typique, dont de nombreux bâtiments nous plongent dans la culture des communautés juives.
zoom_sur_le_marais_juif_La célèbre rue des Rosiers

La célèbre rue des Rosiers. 

Religion

La synagogue de la rue Pavée vous surprendra par son architecture que certains s’amusaient à appeler « style nouille ». Ce surprenant édifice Art nouveau réalisé en 1913 a en fait été dessiné par Hector Guimard, le créateur des célèbres bouches du métro parisien. Elle dénote par sa structure, toute en hauteur et très étroite, contrainte par le peu de surface dont disposait l’architecte. Elle fut la cible en 1941, comme d’autres édifices religieux juifs, d’attentats menés par des collaborateurs à l’occupant nazi, antisémite. Une autre synagogue tout autant surprenante par son architecture est celle de la rue des Tournelles, à côté de la Place des Vosges. En effet, elle est l’exemple de l’usage du métal dans les nouvelles constructions, bénéficiant du savoir-faire de l’ingénieur Gustave Eiffel. Si certaines des synagogues juives sont ouvertes au public, d’autres sont plus difficiles d’accès. On vous conseille de vous intéresser à la programmation des Journées Européennes du Patrimoine si vous souhaitez pousser les portes de ces lieux de culte.
 
À l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine 2022, retrouvez également les visites guidées exclusives sur Paris et Bordeaux proposées par CulturMoov
 
zoom_sur_le_marais_juif_La synagogue de la rue Pavée
La synagogue de la rue Pavée. 
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La synagogue de la rue des Tournelles. 

Gastronomie

Comment ne pas mentionner les spécialités culinaires lorsque l’on parle du Marais juif ? Pour tous les gourmands, de nombreuses adresses ont vu les générations se succéder pour perpétuer ce savoir-faire. La rue des Rosiers concentre à elle seule une bonne partie des restaurants et boulangeries les plus réputés encore ouverts. Au numéro 27, la Boutique Jaune, reprise depuis 1946 par la famille Finkelsztajn, mais établie depuis 1865, vous propose des spécialités yiddish d’Europe de l’est comme la Vatrouchka russe au fromage blanc ou le Apfel Strudel viennois. Il serait également impensable de ne pas tester les falafels, ces boulettes de pois chiches mélangés à diverses épices, et disposés avec des légumes dans de moelleux pains pita.
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La Boutique Jaune en 1895. 
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La Boutique Jaune aujourd’hui. 
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L’intérieur de la boulangerie du 16 rue des Rosiers.

Culture

L’offre culturelle dans le Marais n’est pas en reste, loin de là. Le musée d’art et d’histoire du Judaïsme, ouvert depuis 1998, est l’héritier des collections du musée d’Art juif de la rue des Saules, créé en 1948 par des survivants de la Shoah. Ce musée de France, fort de près de 12000 œuvres et de très nombreux fonds d’archives, présente l’histoire des communautés juives de France. Il est situé dans l’Hôtel Saint-Aignan, un hôtel particulier conservé grâce à la loi Malraux de préservation et de mise en valeur de 1962, et qui fait du Marais le premier quartier sauvegardé de Paris.
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La cour d’honneur de l’Hôtel Saint Aignan. 
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La statue de Dreyfus qui y a été inaugurée. 

Pour aller plus loin et passer les frontières de la capitale, le premier musée permanent consacré à l’affaire Dreyfus ouvrira ses portes dans la maison Zola, à Médan. « Zola et Dreyfus, liés de leur vivant par une lutte sans concession pour la vérité et la justice, sont désormais célébrés, ensemble, dans ce lieu symbolique du croisement de leurs destins et des valeurs pour lesquelles ils se sont tant battus. » Le but du musée Dreyfus sera de traiter de l’affaire certes, mais également de l’inclure dans les enjeux contemporains liés au fonctionnement de la justice, à l’antisémitisme ainsi qu’au rôle des médias et des réseaux sociaux.

La maison Zola à Médan.

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