Zoom sur l’artisanat à Paris

Nous vous avions déjà parlé de l’artisanat à Bayeux. La dentelle, la porcelaine ou encore la coutellerie sont autant de savoir-faire français que l’on peut découvrir dans notre beau pays. Et si vous pensez qu’il faut se déplacer aux quatre coins de la France pour les découvrir, vous vous trompez ! La capitale regorge elle aussi d’artisans qui perpétuent les traditions héritées de génération en génération. C’est pourquoi CulturMoov vous propose cette semaine un zoom sur l’artisanat à Paris.

Le faubourg Saint-Antoine

Quel meilleur exemple que le faubourg Saint-Antoine pour parler de l’histoire de l’artisanat à Paris ? Car s’il est aujourd’hui difficile de faire la différence entre authenticité etproduction de masse, ce quartier parisien a su garder l’âme des travailleurs d’autrefois. Il est devenu un lieu de balade privilégié des parisiens grâce à ses nombreuses cours qui présentent à la fois le passé artisanal et industriel du faubourg, tout en ayant su se moderniser avec des restaurants et boutiques branchés. C’est d’ailleurs un endroit que l’on vous propose de visiter avec nos guides professionnels !

Le travail du bois par excellence

Grace à un accord passé entre l’abbaye de Saint-Antoine et le roi Louis XI, les artisans du meuble présents dans le faubourg ont l’autorisation de travailler en dehors des corporations et des guildes. Dès le XVème siècle, on voit alors s’établir ébénistes, menuisiers ou encore ferronniers dans les ruelles étroites et pavées. Le passage du chantier par exemple doit son nom aux chantiers du bois proches des ateliers où étaient entreposés les matériaux nécessaires aux artisans. Cette activité est en effet facilitée par la proximité géographique avec la Seine et ses ports de débarquement.

ateliers d'ébénistes au faubourg Saint-Antoine noir et blanc
ateliers d'ébénistes au faubourg Saint-Antoine extérieur noir et blanc

Une réputation sans égal

Le Faubourg Saint Antoine acquiert au XVIIème siècle une réputation de savoir-faire unique et de prestigieux ébénistes y résident parmi lesquels Jacques Dubois, Bernard II Van Risen Burgh, Roger Vadercruse dit Lacroix, Etienne Levasseur… Les meubles qui sont créés vont d’ailleurs prendre le nom de « mobilier parisien » par opposition au mobilier plus rustique d’autres régions. Au-delà des travailleurs du bois, c’est tout un système qui se met en place. Ceux qui vont valoriser le meuble, comme les sculpteurs, les vernisseurs, les doreurs, et qui proviennent de grandes familles comme les Langlois ou les Martin. Mais également des revendeurs pour commercialiser toutes ces créations et des écoles pour perpétuer le savoir-faire.

L’école Boulle

Créée à l’initiative de la ville de Paris en 1886, elle est alors une école municipale. Construite au cœur du quartier historique des métiers de l’ameublement, elle servait en effet à former les futurs ébénistes, menuisiers en siège, tapissiers et autres professionnels du mobilier. Avec l’arrivée de nouveaux matériaux dans la confection de meubles, de nouvelles formations sont délivrées, comme les ciseleurs, les monteurs de bronze ou encore les graveurssur acier. Elle doit son nom à André-Charles Boulle, l’ébéniste du roi Louis XIV, « le plus habile ébéniste de Paris » selon le ministre Colbert. Il réalisera entre autres de nombreuses fournitures pour le chantier du château de Versailles. L’école évolue avec son temps, passant de la copie de l’ancien à l’Art nouveau, puis à l’Art déco. Après la Seconde Guerre mondiale, l’école développe de nouvelles filières liées à l’espace, l’architecture d’intérieur et l’agencement, dans une vision plus moderne et technique.

L'école Boulle extérieur
meubles André-Charles Boulle

De l’artisanat à l’ère industrielle

Tout comme l’école Boulle, le quartier et la France de manière générale se modernisent et se tournent vers l’industrie. Au cours de la seconde moitié du XXème siècle, suite à la révolution industrielle, les constructeurs de meubles utilisent de nouveaux matériaux qui vont peu à peu remplacer le bois : c’est l’apparition du verre, de l’acier, du plastique. Au faubourg Saint-Antoine, le nombre d’artisans diminue fortement. Pour peu d’observer attentivement les toits, il est possible d’apercevoir les dernières cheminées d’usine intra-muros, comme c’est le cas au passage de l’Innovation.

passage de l'Innovation ciel bleu

Paris et la fabrication locale

Des manifestations qui perdurent

Aujourd’hui, les artisans qui demeurent au faubourg Saint-Antoine exercent surtout de l’ébénisterie d’art, qui révèle tout de même la présence encore forte d’une tradition artisanale et de son apprentissage. Surtout, la ville de Paris contribue depuis les dernières années à valoriser cette tendance à la production locale. En plus de soutenir les écoles, laville de Paris est également partenaire et hôte de nombreuses manifestations, comme la Foire de Paris ou encore les Journées Européennes des Métiers d’Art.

Le label « fabriqué à Paris »

Ce label recense depuis 2017 les artisans et entrepreneurs qui fabriquent au sein de la capitale. Il a pour objectif de promouvoir la richesse et la diversité des savoir-faire pratiqués dans la ville et qui représentent une certaine identité et tradition parisienne. C’est une marque de reconnaissance qui distingue les produits issus d’un processus de fabrication locale, dans plusieurs catégories confondues : l’alimentaire, la mode, les produits manufacturés ou liés à l’univers de la maison. La liste officielle des produits labelisés est disponible sur internet, pour vous permettre de découvrir le savoir-faire et l’artisanat parisien d’aujourd’hui.

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