Le mythe d’Apollon et Marsyas

Le mythe d’Apollon et Marsyas

Vous avez peut-être lu l’article de CulturMoov traitant du cœur de la mythologie grecque ? Aujourd’hui, nous vous proposons d’en apprendre un peu plus sur le mythe d’Apollon et Marsyas ! Prêts ? 

Le mythe d’Apollon et Marsyas

Ce tableau est une peinture d’Apollon et de Marsyas pendant leur compétition peinte par Le Tintoret (1518 ? – 1594). Les deux musiciens se situent sur la gauche du tableau, Apollon positionné contre un arbre devant le le phrygien.

© Le Tintoret, Le concours entre Apollon et Marsyas, 1544 – 1545, huile sur toile, Museum of Art, Hartford, Connecticut

L’histoire de la naissance de la culture avec Dédale ainsi que sa difficile transmission au prisme du personnage d’Icare qui se brûle les ailes à vouloir voler trop près du soleil est essentielle pour comprendre l’iconographie. Voici désormais le joug entre un mortel et un dieu de l’Olympe qui se battent à coup de musique, drôle d’instrument !

Le mythe d’Apollon et Marsyas ? un concours tendu pour un mortel

Apollon, dieu de la musique, reçoit sa lyre (cithare) d’Hermès. Marsyas, satyre phrygien, est connu en Phrygie pour avoir inventé la musique. Il aurait obtenu par hasard une flûte (aulos), abandonnée par la déesse Athéna. Marsyas admet être capable de produire avec son instrument une musique égale ou supérieure à celle d’Apollon. Le défi est lancé : un concours de musique a lieu. Il est décidé que le vainqueur pourra disposer de l’autre comme il le voudra.

Le Parnasse ou Mars et Vénus, et un tableau datant de 1497 du peintre, conservé au Musée du Louvre à Paris. Le terme mythologique du Parnasse renvoie au lieu des amours adultères de Mars (dieu de la guerre) et de Vénus (déesse de l’amour) dans Les Métamorphoses d’Ovide (Livre 4). Au registre inférieur du tableau, les neuf Muses dansent sur un air joué par Apollon : cette scène représente l’épanouissement des arts.

© Mantegna, Le Parnasse, 1947, Musée du Louvre

Le mythe d’Apollon et Marsyas

Marsyas trouve la flûte, qu’Athéna avait volontairement abandonnée, vexée par les commentaires des autres divinités qui l’avaient entendue jouer de l’instrument.

© A legfontosabb ókori hangszerek

La punition du comportement orgueilleux

Le jury diffère en fonction de la version de l’histoire, il pourrait être constitué de Midas, roi de Phrygie ou des neuf Muses (Calliope, Clio, Erato, Euterpe, Melpomène, Polymnie, Terpsichore, Thalie et Uranie). Dans toutes les versions, Apollon gagne le concours. Apollon aurait interpellé Marsyas, le défiant de chanter en jouant de la flûte, comme lui chantait en accompagnant sa cithare. Or, impossible de relever le défi avec une flûte : le phrygien est vaincu. Il paie finalement son orgueil et sa démesure en étant épinglé à un arbre et écorché vif par Apollon. Les larmes de ses amis, Nymphes et Satyres, qui le pleurent, auraient formé le fleuve Marsyas

Titien aurait peint Le supplice de Marsyas entre 1550 et 1576. Cette huile sur toile est conservée en République Tchèque. Elle représente la fustigation de Marsyas après qu’Apollon est vaincu leur duel.

© Titien, Le supplice de Marsyas, 1550 – 1576, huile sur toile, musée épiscopal de Kromeriz, République Tchèque

Une supériorité fatale dans les arts ?

Le mythe d’Apollon et Marsyas

A la villa Torlonia à Rome, construite au XIXe siècle, dans la salle d’Alexandre du Casino Nobile se trouvent une statue d’Apollon encadrée de la représentation de deux des neuf muses.

© Jean-Pierre Dalbéra, photographie, villa Torlonia, Rome

A partir de la Renaissance, il y a une relecture massive des textes de l’Antiquité et notamment du texte des Métamorphoses d’Ovide, qui contient le mythe de Marsyas et d’Apollon. Les artistes choisissent pour représenter ce mythe le moment de l’écorchement du satyre. Cet épisode peut être choisi pour sa valeur morale, notamment en lien avec la Contre-Réforme : la vérité triompherait sur l’erreur de celui qui s’est cru un temps égal ou supérieur aux dieux. Transposée à la religion monothéiste, il y a l’idée qu’on ne peut se confronter à Dieu. Cela peut renvoyer au mythe du génie créateur en arts, avec lequel il est impossible de rivaliser : on peut se rappeler l’anecdote concernant Giotto (1266 – 1337), racontée dans Les Vies de Vasari (1551 – 1574), un des premiers biographes. Cimabue (1240 – 1302) l’aurait rencontré, enfant, qui dessinait ses brebis d’un tel réalisme qu’il l’aurait immédiatement engagé dans son atelier. Au contraire, certains auteurs expliquent que les artistes reconnus peuvent certes avoir des dispositions mais que leur popularité se construit en fonction du contexte dans lequel ils évoluent et des déterminismes

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