Paris

La Bibliothèque Nationale de France à livre ouvert

La Bibliothèque Nationale de France à livre ouvert

La Bibliothèque nationale de France est un grand projet de François Mitterrand, pensé par l’architecte Dominique Perrault. Un bâtiment emblématique qui stocke près de 15 millions d’ouvrages, construit sur sept ans. L’idée est que la bibliothèque soit proche du quartier latin.

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La BnF est inaugurée le 30 mars 1995 par le président de la République, François Mitterrand, qui l’avait commandée.

© Olivier Ffrench, La bibliothèque nationale de France, 2003

Une gigantesque bibliothèque remporte le concours

Un concours est lancé entre vingt architectes désignés pour réhabiliter une ancienne friche industrielle de sept hectares ½ dans le 13ème arrondissement sur décisions de Jacques Chirac alors maire de la ville. L’idée est de rééquilibrer Paris entre l’Est et l’Ouest, plus industriel, en proposant un lieu qui permet l’accès à toutes les données du savoir, dans toutes les disciplines : une nouvelle bibliothèque qui fera près de trois fois la taille du centre Georges Pompidou.

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Dominique Perrault est le vainqueur du concours. Il doit d’abord adapter son projet à la multiplication des livres et gérer ceux qui s’érigent contre la construction des quatre tours.

© Anonyme, Dominique Perrault, 2009

Un bâtiment aéré, accueillant tout un écosystème

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Les personnes peuvent s’asseoir sur l’esplanade.

© savagecat, La grande terrasse en bois de la Bibliothèque nationale de France, site Tolbiac, 2008

L’idée principale est de faire disparaître le volume de ce bâtiment. Est laissée libre une esplanade publique entre les quatre tours. C’est à près de dix mètres en dessous du niveau de la Seine que s’ancre l’édifice. Le jardin est composé d’environ 270 pins. L’architecte Labrouste avait commandé des peintures de nature dans la Bibliothèque Nationale Richelieu, émanation du roi. Dominique Perrault souhaite recréer une relation avec la nature vivante qui se développe de façon libre. 

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Sa situation, le respect de son environnement et la fermeture du jardin au public permet de constituer une faune et une flore unique à Paris.

© ActuaLitté, Le jardin-forêt du site François-Mitterrand, 2011

 

Le plafond de la salle de lecture construite par Henri Labrouste confère à la pièce un caractère calme et clair dû aux peintures paysagères de Desgoffe situées dans la partie supérieure des arcs latéraux.

© Mossot, Bibliothèque nationale de France, Site Richelieu, salle Labrouste, 2016

La répartition de la face construite entre souterrain et hauteur

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Le site François Mitterrand est composé de deux bibliothèques dont une est réservée aux chercheurs. Des espaces en dehors des salles de lecture sont en accès libre.

© Paulparis2010, Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand, Hall Est, 2010

Les tours sont la partie émergée de l’édifice et se présentent comme quatre livres ouverts. Ces tours sont réservées au personnel de la bibliothèque. En dessous, il y a trois niveaux qui s’organisent par rapport à la structure des arbres. Il y a d’abord l’esplanade publique puis l’accès aux services proposés gratuitement et aux salles de bibliothèques dans le feuillage des arbres. Au rez-de-jardin, les racines du savoir, accès réservé aux chercheurs. Le but étant qu’à fonds unique, les chercheurs soient dans les meilleures conditions.

Retours sur l’Exposition coloniale internationale

Retours sur l’Exposition coloniale internationale

Il fut un temps, proche encore, où triomphait avec globalement bonne conscience l’impérialisme. Pendant l’entre-deux guerre, la troisième République était notamment célébrée en tant qu’œuvre civilisatrice. La guerre aurait pointé du doigt l’importance de constituer un vaste empire. Ainsi, les fêtes du Centenaire de l’Algérie et celles de l’Exposition coloniale de Paris manifestent cette verve colonisatrice. Qu’est-ce qui fait que l’événement n’ait cependant pas été réitéré ?

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L’exposition coloniale s’est tenue à Paris du 6 mai 1931 au 15 novembre 1931 à la Porte Dorée, sur le site du bois de Vincennes.

© Jean-Pierre Dalbéra, Détail du plan de G.Goor de l’Exposition coloniale de 1931

L’exposition coloniale internationale “préméditée”

Dès 1867, l’observatoire météorologique du parc Montsouris constituait le pavillon de la Tunisie de l’Exposition universelle, alors que la Tunisie était pourtant un Etat indépendant. Ce n’est qu’à partir de 1889, que les colonies ont le droit à une place étendue au sein d’expositions nationales ou internationales universelles. Ainsi en 1894, est organisée à Lyon une foire privée dénommée “Exposition universelle, internationale et coloniale”. En 1900, l’œuvre coloniale prend place dans les jardins du Trocadéro et les citoyens des colonies sont exhibés sans complexe aux yeux des visiteurs. A partir de cette date, toutes les expositions universelles réservent une place aux colonies françaises en parallèle des expositions coloniales organisées localement, à Lyon et à Rouen,

Le projet d’une exposition strictement coloniale, nationale et internationale, fondée sur les thèmes impérialistes et utilitaristes naît en 1913. Il est concrétisé par une loi du 7 mars 1920. Le but est de présenter les produits et les réalisations de l’ensemble des colonies et des dépendances d’outre-mer, mais également des grandes puissances coloniales autres que la France, par exemple le Royaume-Uni. En 1925, Paris est choisi pour accueillir l’événement. La pose de la première pierre du Musée de la Porte Dorée a lieu en 1928 est l’exposition est finalement inaugurée le 6 mai 1931 par le président de la République. Elle se tient jusqu’au 15 novembre 1931. 

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Affiche présentant les Achantis au jardin zoologique d’acclimatation en 1887.

© Alfred Choubrac, Zoo humain, XIXe siècle, affiche, lithographie en couleur

“Ne visitez pas l’exposition coloniale” : une position minoritaire

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Ci-dessus les pirogues malgaches sur le lac Daumesnil à l’Exposition Coloniale de Paris en 1931.

© Anonyme, Les pirogues magache sur le lac Daumesnil, 1931, photo

Face à la mobilisation du parti colonial, les anticolonialistes décident d’intensifier leur action et de lancer une grande campagne d’agitation contre “l’Exposition internationale de l’Impérialisme”. La ligue français contre l’impérialisme et l’oppression coloniale monte alors un exposition, baptisée “La vérité sur les colonies”. Les écrivains Louis Aragon (1897 – 1982) et Paul Eluard (1895 – 1952) y participent notamment. Dans diverses villes françaises des comités de lutte contre l’Exposition coloniale agissent également, notamment en distribuant des tracts. Le Secours rouge international présente des brochures intitulées “Le véritable Guide de l’Exposition coloniale”. Aux appréhensions s’ajoutent les critiques après sa tenue, notamment on les retrouve dans les tracts de 1937 distribués par les surréalistes qui dissuadent de se rendre à l’événement : “Ne visitez pas l’exposition coloniale”.

Le résultat : une quasi-neutralité

Selon les rapports des organisateurs, l’exposition se serait déroulée sur 193 jours et aurait compté environ 33,5 millions d’entrées et 8 millions de visiteurs. Le bilan moral de l’Exposition est difficile à établir. Les écrivains donnent brièvement leurs avis, ne s’avançant pas trop dans la critique. Paul Valéry (1871 – 1945) s’exprime positivement : “l’Exposition magnifiquement organisée avait produit une impression considérable dans le pays”. Léon Blum (1872 – 1950) au contraire explique qu’il aurait voulu “moins de festivités et de discours et plus d’intelligence humaine.” Finalement, l’exposition suscite peu de réactions alors qu’aujourd’hui son importance est magnifiée dans la mémoire collective. Puis progressivement, s’instaure tout le mouvement de la décolonisation et très vite il n’est pas préférable de recommencer une telle exposition, qui a rencontré un succès discutable. Elle n’a pas non plus parlé à la jeunesse à laquelle elle était avant tout destinée…

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Il reste également quelques souvenirs matériels comme cette petite cuillère qui était en vente dans les pavillons pour en mémoire de la visite.

© Clara Polle, Petit cuillère souvenir de l’Exposition coloniale internationale, 2014

La gare Saint-Lazare, un portail d’innovations

La gare Saint-Lazare, un portail d'innovations

La gare Saint-Lazare a succédé à la première gare de voyageurs en France, les transportant sur la ligne Paris – Saint-Germain. Mais c’est un peu plus loin du centre de Paris que la gare définitive est ouverte en 1843.

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La façade de la gare du côté de la cour de Rome.

© Moonik, Gare de Paris-Saint-Lazare, 2014

Un hymne au réaménagement et au renouveau

La gare Saint-Lazare possède une cour ouvrant sur la rue Saint-Lazare. Son architecture forge sa réputation. 

Mais, implantée place de l’Europe, la gare est alors mal reliée à d’autres artères de circulations. C’est sous le second Empire que le baron Haussmann y remédiera. 

Puis, la gare est agrandie entre 1885 et 1889 pour préparer l’Exposition de 1889 et pour devenir telle que nous la connaissons aujourd’hui de l’extérieur. A l’intérieur cependant, les décors changent parfois. Puis, en 1928, les nouveaux quais sont couverts par une halle plus grande. Ensuite, l’arrivée du métro, la création d’une galerie commerciale et l’agrandissement des quais montrent que la gare Saint-Lazare évolue en fonction des besoins et des exigences de la ville et des voyageurs. Avec la fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle, la gare connaît encore des remaniements avec une mise en valeur des éléments architecturaux. Due à son architecture remarquable, la gare est classée aux monuments historiques depuis 1984.

Les noms des rues qui encadrent la gare Saint-Lazare sont des noms de grandes villes étrangères.

© Legoux, Plan de la gare Saint-Lazare, 1842

La gare Saint-Lazare, une inspiration pour les peintres

Avec La gare Saint-Lazare, Monet s’essaie à la série, qui fera de lui sa renommée. Il réemploie cette pratique pour les Nymphéas ou Les Meules.

© Claude Monet, La gare Saint-Lazare, 1877, Paris, Musée d’Orsay

Les trains en départ de Gare Saint-Lazare se rendent à des destinations appréciées des peintres impressionnistes : Argenteuil, Pontoise ou Sainte-Adresse. Manet et Caillebotte choisissent pour motif le pont au-dessus de l’alignement des rails. Pissarro dépeint, lui, l’intense activité de la cour du Havre. Monet, pénètre plus en avant dans la gare, il affronte les nuées de voyageurs (1840 – 1926) et produit une douzaine de toiles sur le sujet. Emile Zola commente ainsi que les impressionnistes sont parvenus à dégager “la poésie des gares”, lui qui les encourage avec Edmond Duranty à peindre leur temps.

Le cas de Monet : en 1877, il emménage dans le quartier de la Nouvelle Athènes et demande l’autorisation de travailler dans la gare Saint-Lazare. Le lieu est propice à son travail parce qu’il propose une grande luminosité, les sujets y sont par ailleurs mobiles et les nuages de fumée sont résolument modernes. Il peint une série de peintures avec des points de vue différents et notamment des vues du hall.

Un lieu d’animations

En 2019 notamment, la gare constitue un lieu d’animation très dynamique. Elle accueille son propre marché de Noël, met en place un évènement ludique et pédagogique sur les chatons. Elle participe, entre autres, à la fête du sport. Enfin une fresque monumentale, exposée aux yeux des voyageurs, est créée en collaboration avec la SNCF, Quai 36 et Levalet

Sautons quelques années : en 2021 il est organisé pour tous les fans de la saga Harry Potter des animations et une reproduction de la locomotive Poudlard Express en taille réelle sur le parvis de la gare Paris Saint-Lazare. Pour clôturer ce voyage, la gare organise une exposition consacrée aux illustrations des studios MinaLima de la saga Harry Potter

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Depuis 2016, l’artiste Levalet, en collaboration avec SNCF et Quai 36, intervient dans la gare Saint-Lazare, pour réenchanter l’expérience quotidienne des voyageurs et des employés dans la gare.

© Levalet, Gare Saint Lazare, 2019

Et si pour 2022, rien n’a encore été programmé, il ne faut surtout pas manquer l’emblème de la gare : L’heure de tous, une œuvre revue et corrigée par Arman. Des horloges sont en effet accumulées dans la gare, toutes programmées à une heure différente. Avec toutes ces animations, il reste à anticiper pour ne pas risquer de manquer son train !

Pour en savoir plus :

Une révérence à Notre-Dame de Paris

Une révérence à Notre-Dame de Paris

Plusieurs millions de visiteurs viennent voir Notre-Dame de Paris chaque année. Et vous, vous intrigue-t-elle ? Peut-être préférez-vous la Sainte-Chapelle à la cathédrale Notre-Dame ? Il est possible de visiter la Sainte-Chapelle en ligne sur notre site Culturmoov, ainsi que de prendre connaissance du patrimoine religieux de Liesse et Laon en Picardie.

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La cathédrale Notre-Dame est placée sur l’île Saint-Louis, en bord de Seine.

© LeifLinding, La cathédrale Notre-Dame, Paris, 2018, photo / Quale nuovo tempo per Notre-Dame de Paris – Filosofemme

L’essor culturel, économique et religieux rhyme avec reconstruction

Une légende raconte que Notre-Dame de Paris serait née le 24 mars 1163 quand le pape Alexandre III pose la première pierre. En réalité, à ce moment, elle a déjà un passé long de près de 850 ans. La cathédrale primitive est effectivement différente de celle que nous connaissons actuellement et qui était proche de brûler. Les sources indiquent qu’elle a été construite au plus tard au IVe siècle, à la pointe orientale de l’île de la Cité

La montée en puissance de l’évêque s’affirme aux Xe – XIe siècles. Le chantier de la nouvelle cathédrale gothique en 1160 illustre la métamorphose de Paris au tournant des XIIe et XIIIe siècles. Il est commandé par les évêques et en particulier par Maurice de Sully (? – 1196). Le projet est en outre porté par un extraordinaire dynamisme économique et culturel, Paris devenant capitale du Royaume dans les années 1190. La construction de la cathédrale gothique précède la construction de l’Etat monarchique. Celle-ci s’accompagne d’une ritualisation des cérémonies du pouvoir qui prend essor dans la cathédrale Notre-Dame. Par exemple, les veillées funèbres des rois avant leur enterrement sont organisées à Notre-Dame à partir du XIIIe siècle. Après l’abolition de la Monarchie, l’Etat connaît différents régimes mais celui qui refonde totalement Paris et organise un grand chantier de rénovation de la cathédrale est Napoléon III. Il fait notamment commande à Eugène Viollet-le-Duc, architecte, d’un parvis et de jardins encadrant la cathédrale.

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Charles Louis Napoléon Bonaparte (1808 – 1873), unique président de la Deuxième République, premier chef d’Etat français élu au suffrage universel masculin en 1848, le premier président de la République française et sur le tableau il est monarque depuis 1852

© Etienne Billet, Portrait de l’Empereur Napoléon III, 1860, peinture / File:Napoleon III-Winterhalter-Billet mg 6160.jpg – Wikimedia Commons

Quels usages et regards par rapport à Notre-Dame restaurée ?

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Voici par exemple le tapis monumental du chœur. Il est tissé entre 1825 et 1833 par la manufacture de la Savonnerie

© Pierre-Yves Baudoin, Tapis monumental du chœur, 2014, photo / File:Notre-Dame de Paris – Tapis monumental du chœur – 016.jpg – Wikimedia Commons

Parmi ses multiples fonctions, Notre-Dame fait l’office de musée d’art chrétien, exposant des tableaux, des sculptures, montrant une architecture gothique et des arts industriels (orfèvrerie). Elle connaît aussi un usage politique avec les pompes impériales, conçues individuellement par Viollet-le-Duc, qui sont un moyen de propagande de l’Empire. Son usage principal est en outre religieux, l’étymologie du mot “cathédrale” renvoyant au siège épiscopal. Il y a également un usage touristique depuis le roman éponyme de Victor Hugo. La cathédrale devient le lieu de visites organisées au cours du XIXe siècle.

La cathédrale de Paris constitue enfin un motif pour les oeuvres artistiques, à commencer par les créateurs Karl Daubigny (1846 – 1886) et Jean-Baptiste Camille Corot (1796 – 1875)

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© Henri Matisse, Notre-Dame, une fin d’après-midi, 1902, peinture / O Que Diz Ele: Henri Matisse “Notre-Dame, une fin d’après-midi – 1902″(DS)

Depuis la fin de l’année 1901, Matisse rencontre des problèmes dans sa carrière artistique et ses toiles se font plus sombres. Pour autant, très peu de couleurs lui en faut pour esquisser au pinceau la cathédrale.

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© Maximilien Luce, Notre-Dame, vue du quai Saint-Michel, 1901, huile sur toile / https://misiglo.es/tag/notre-dame/

Maximilien Luce, adepte un temps du mouvement néo-impressionniste, utilise une dernière fois la touche divisée pour une dizaine de toiles sur le motif de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

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